
Capture d’écran du nouveau site Myspace
A l’heure des bilans mitigés et des projections prudentes, chaque pays s’interroge sur les remèdes possibles à la crise qui paralyse l’économie mondiale. Comment tirer son épingle du jeu ? Quels sont les leviers possibles qui permettraient de protéger les entreprises contre la crise ?
Le gouvernement, à travers la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) désormais rattachée au Ministère du redressement productif, s’accorde avec les économistes internationaux et s’engage en faveur de l’innovation et du design. L’OCDE, dans son rapport 2012 « Perspectives de la science, de la technologie et de l’industrie », tire la sonnette d’alarme : l’investissement consacré à la recherche et au développement a connu ces dernières années une baisse significative (4,5% au niveau mondial). La France est, avec la Corée, l’un des moins mauvais élèves. L’innovation est-elle un levier essentiel de la sortie de crise ? Le design en est-il une partie intégrante ? En France, la réponse semble claire : le design est un remède possible contre la crise.
Selon un rapport commandé en 2010 par la DGCIS 1, les entreprises françaises sont très partagées entre prudence et innovation. 20% d’entre elles affirment n’avoir jamais recours au design, sous quelque forme que ce soit. Elles sont aussi les moins innovantes et les moins compétitives. Mais 60% des entreprises considèrent que l’innovation est nécessaire et passe par le design. Néanmoins, plusieurs leviers sont à prendre en compte lorsqu’il est question de design et d’innovation. Les industries peuvent faire appel au design pour concevoir des produits plus innovants, ergonomiques, économiques. Les entreprises de service jouent quant à elles sur l’image de leur marque, la maîtrise de leur communication et la qualité de service qu’inspire leur identité visuelle.
La compétitivité des produits fabriqués en France doit miser sur le design plutôt que sur le prix. La qualité, l’utilisabilité d’un objet, tout autant que son aspect esthétique, sont des facteurs essentiels de succès commercial. La célèbre « tente 3 secondes » conçue par le bureau de design intégré de Décathlon en est un exemple parfait, qui cumule praticité, innovation et savoir-faire d’une entreprise locale et dont le succès ne se dément pas. Le contexte favorise qui plus est un retour à l’éthique, au durable, à la production responsable, et surtout au made in France. Cette image se travaille main dans la main avec des experts : designers, graphistes, communicants, scénographes pour les espaces de vente, et est une des clés de la survie des entreprises. Innover, montrer que l’on est capable de créer de la valeur ajoutée, de la qualité, encourager la consommation et le recours aux services des entreprises françaises, voilà ce que permet un recours intelligent au design. Dès qu’une marque sent son succès s’amoindrir, son premier réflexe est de rafraîchir son image. Myspace, Microsoft, Ebay, mais aussi des marques françaises comme Avis ou Butagaz ont récemment fait peau neuve. Les grandes entreprises ont généralement des services en interne, mais les PME – qui constituent 98% des industries françaises – font généralement appel à des agences externes. De même qu’il existe des entreprises de toutes sortes et de toutes tailles, l’offre de design est variée et extrêmement riche. Petites et grandes agences, studios de création, designers freelances, chaque entreprise peut faire appel à une structure qui lui convient, sans que cela lui soit nécessairement une dépense inconsidérée.
Le design ne résoudra pas la crise, mais il peut permettre d’y survivre. S’il n’est pas devenu un recours systématique de la part des entreprises, c’est principalement pour des raisons économiques et culturelles. En effet, nombre d’entreprises, principalement des PME, renoncent à cette dépense faute de visibilité réelle sur les retombées d’un tel investissement. Le rapport de la DGCIS fait pourtant état d’une augmentation de 15% du chiffre d’affaires des entreprises ayant investi dans le design et conclut qu’il est désormais nécessaire de créer un outil clair et simple permettant aux PME d’en évaluer le retour sur investissement 2. Par ailleurs, le design reste, pour de nombreux dirigeants, un luxe superflu à l’heure où l’on se doit de limiter les dépenses inutiles. Encore trop souvent associé à l’esthétique simple, le design n’a pas encore acquis une image généralisée de levier fort contre la crise. Il reste désormais à espérer que les mentalités évoluent en ce sens, poussées par les campagnes organisées par les pouvoirs publics autour du « redressement créatif » et inspirées par l’exemple des entreprises qui prospèrent grâce à leur investissement dans le design.
1 : Rapport commandé par la DGCIS et réalisé par l’Agence pour la promotion de la création industrielle, la Cité du Design de Saint Etienne et l’Institut français de la mode, à télécharger ici.
2 : Dix entreprises témoignent de ce retour sur investissement dans le livre Quand le design s’investit dans les entreprises, éd. de la Cité du design, Saint-Etienne 2012











Rédiger un contrat de designer…
Rédiger un contrat ! Ce n’est pas le sport favori d’un designer… Quoiqu’avec les conseils de Marine Monpays chef de projets chez Withdesigners (agence on line qui sélectionne les designers pour des entreprises) tout devient plus clair.
Un article utile à conserver…
Le contrat pour les designers : ce qu’il faut savoir
“Le contrat est la vie de tous les jours. Il représente à la fois son engagement de faire ou de ne pas faire une chose et organise le cadre juridique permettant de sécuriser la transaction entre les parties”.
Lorsqu’on a l’intention d’établir un contrat dans le cadre de son activité, il y a plusieurs étapes à franchir, et différents écueils à éviter.
Les négociations précontractuelles
Tout contrat débute par des négociations précontractuelles, période pendant laquelle les parties discutent et précisent certaines modalités du futur contrat, cela peut notamment correspondre aux premiers rendez-vous téléphoniques ou physiques lorsque les clients transmettent leurs briefs aux designers. On peut alors s’interroger sur la possibilité ou non d’un recours concernant ces négociations précontractuelles ? A priori, l’échec de la négociation n’est pas en lui-même susceptible de recours, chacun étant libre de contracter à l’issu de cette négociation, en revanche, si cette « non-conclusion » a causé du tort à l’une des parties, elle peut chercher à en obtenir réparation. Il y a une possibilité de recours dès lors que le designer se rend compte à l’issu de la négociation que le client l’a fait travailler gratuitement sur des maquettes avec l’intention de lui prendre ses idées, sachant pertinemment depuis le départ qu’il ne travaillerait pas avec lui. Le designer qui a engendré des frais pour cette négociation alors que le client était de mauvaise foi depuis le début, peut intenter une action en justice, et invoquer les mécanismes généraux de la responsabilité civile permettant de traiter les conséquences dommageables de la rupture. Cependant, il faut noter qu’une négociation précontractuelle n’engage pas à contracter. A noter aussi que chacun a le droit à la confidentialité des conversations et des informations qu’il a livré, et qu’il est strictement interdit de tirer avantage des informations, et des rendus obtenus lors de la négociation précontractuelle.
Soulignons que les devis éventuellement envoyés durant cette période, ne font déjà plus partie de ces négociations précontractuelles, Il s’agit de pollicitation, c’est à dire que le designer est là dans une démarche d’offre de contracter, et qu’il attend que cette offre soit acceptée par le client.
Le contrat-cadre
Dans le domaine du design et de la création, il est utile de connaître un contrat en particulier, qui est le contrat-cadre. Le contrat-cadre est un contrat type qui fixe tous les termes du contrat pour les futures commandes entre le client et le designer. Le client s’engage par exemple a commander 10 créations pour une gamme, mais étalées dans le temps, et le designer s’engage à lui fournir ces 10 créations dans les mêmes conditions. Il s’agit d’un partenariat intéressant pour les deux parties, le designer est assuré d’avoir des commandes sur du long terme, et le client, de son côté, obtiendra ses produits dans les conditions initiales.
Le contrat d’adhésion
Pour information, certaines grandes sociétés utilisent des contrats types appelés des contrats d’adhésion, pour lesquels on retombe dans la pollicitation. Il est alors possible d’évoquer un problème d’ambigüité pour des clauses qui peuvent être interprétées dans plusieurs sens ; dans ce cas, le juge estime que la clause s’interprète contre celui qui l’a stipulée.
La théorie du Fait du Prince
Dans le cadre de l’exécution du contrat, il existe une théorie particulière qu’il est bon de connaître et à laquelle les designers peuvent être confrontés lorsqu’ils travaillent avec l’administration publique, il s’agit de la théorie du Fait du Prince. En droit public, selon cette théorie, l’administration peut revoir le contrat une fois qu’il a été établi, et le cocontractant est obligé d’accepter. Toutefois, le cocontractant peut demander à l’administration de payer les frais supplémentaires engagés. Il ne faut d’ailleurs surtout pas refuser cette modification du contrat, car dans cette hypothèse c’est l’administration qui pourrait demander des dommages et intérêts au cocontractant.
La rédaction du contrat
A propos de la rédaction formelle du contrat, il n’y a pas obligation d’écrit au-dessous de 800 euros, en revanche, il faut un acte écrit pour les contrats supérieurs à cette somme. Cependant, rappellons l’utilité d’avoir un contrat écrit pour le respect des engagements, de plus, lors d’un litige il faut toujours apporter la preuve et c’est plus facile lorsqu’on a une preuve écrite.
Enfin, il est toujours plus sécurisé de rédiger un contrat sous avocat surtout lorsqu’il s’agit de sommes importantes. Il est possible de solliciter un avocat impartial vis-à-vis des parties qui sera responsable de la validité du contrat ; ou alors de passer devant un notaire.
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